L’Opco Constructys dévoile son bilan formation 2025 avec plus de 437 000 stagiaires formés. Malgré une baisse de l’alternance, les entreprises du bâtiment renforcent leur plan de développement des compétences.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics montre une résilience étonnante. Tandis que l’économie donne des signes de fatigue, les entreprises de la construction ont choisi de muscler leurs compétences. Le bilan 2025 de l’Opco Constructys révèle que 437 519 salariés sont partis en formation l’an dernier. Ce volume, en progression de 1,2 %, témoigne d’une volonté farouche de ne pas sacrifier l’avenir sur l’autel de la crise. Si l’alternance marque le pas, l’investissement direct dans les équipes en place devient le nouveau moteur de la filière.
Le réveil stratégique des petites structures
Longtemps restées en marge des dispositifs, les très petites entreprises (TPE) reprennent la main. Cette dynamique ne doit rien au hasard. L’initiative « Mission TPE Construction », lancée par les partenaires sociaux, porte enfin ses fruits. Avec plus de 117 000 stagiaires issus de ces structures, la hausse de 2 % souligne l’efficacité d’un accompagnement plus proche du terrain. Les chefs d’entreprise semblent avoir compris que la montée en gamme technique reste leur meilleur bouclier contre l’incertitude. Christophe Possémé, Président de Constructys, précise : « Notre ambition est de permettre à chaque entreprise, quelle que soit sa taille, de préparer l’avenir grâce à la montée en compétences de ses salariés. »
Transition écologique : entre prise de conscience et hésitation
Le virage vert de la filière présente un visage contrasté. D’un côté, les outils de diagnostic, comme EasyDiag, séduisent de plus en plus de patrons désireux de faire un état des lieux de leur impact environnemental. De l’autre, le passage à l’acte concret via des sessions de formation longues chute de 43 %. Un paradoxe que tente de corriger le secteur avec des méthodes plus ludiques. Le lancement du jeu pédagogique Défi Éco 2050 a déjà réuni des centaines de salariés. Selon la direction générale de Constructys, l’idée consiste à transformer ces enjeux complexes en leviers de performance durable pour les chantiers de demain.
L’alternance subit le coup de frein immobilier
Le point noir du tableau concerne l’apprentissage. Avec une baisse de 6 %, le recrutement de jeunes stagiaires pâtit directement du ralentissement de l’activité globale. Le bâtiment reste la branche la plus touchée, devant les travaux publics et le négoce. Pour Frank Serra, vice-président de l’organisme, l’enjeu dépasse les simples chiffres : il s’agit de sécuriser les parcours de vie des ouvriers et des techniciens. Même si les volumes de contrats diminuent, la formation continue prend le relais pour garantir que les professionnels déjà en poste puissent s’adapter aux nouvelles normes et aux nouveaux matériaux.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.
