L’intelligence artificielle générative transforme les parcours de formation. Son efficacité dépend fortement du niveau et de l’accompagnement des apprenants.
L’intelligence artificielle générative s’impose progressivement dans les pratiques académiques. Derrière cet engouement, une interrogation persiste : cet outil profite-t-il réellement à tous les étudiants de la même manière ? À travers ses travaux, Meriem El Bouhali, enseignante-chercheuse à l’ESLSCA Business School, explore les effets concrets de ces technologies sur les apprentissages et les dynamiques pédagogiques.
Des usages contrastés selon le niveau académique
Les premiers résultats de l’enquête se basent sur des entretiens menés auprès d’étudiants en Bachelor et en MBA. Cela révèle un constat nuancé. L’outil ne gomme pas les écarts, il tend à les accentuer. Les profils les plus à l’aise dans leurs études s’en servent comme d’un interlocuteur intellectuel. Ils testent leurs idées, affinent leur raisonnement et structurent davantage leurs analyses.
« L’IA devient un support de raisonnement, pas une source de vérité », souligne Meriem El Bouhali. Cette posture critique permet d’enrichir les réflexions sans s’y substituer. À l’inverse, les étudiants en difficulté adoptent un usage plus passif. L’outil est perçu comme fiable sans remise en question, ce qui fragilise leur capacité d’analyse.
L’expérience comme facteur déterminant
L’étude met en lumière un autre élément : la maturité académique. Les étudiants déjà exposés à ces technologies, notamment dès le lycée, développent des réflexes plus structurés. Avant de solliciter une réponse, ils prennent le temps d’analyser un sujet, identifient ses enjeux puis utilisent l’IA pour approfondir leur réflexion.
Cette démarche favorise la construction d’arguments solides. Elle évite la reproduction mécanique de contenus générés. « L’IA agit comme un révélateur », explique la chercheuse. Elle met en évidence les compétences existantes autant qu’elle expose les lacunes. Les étudiants capables de recul en tirent un bénéfice réel, tandis que les autres peinent à en évaluer la pertinence.
Un enjeu pédagogique pour les établissements
Ces observations interrogent directement les pratiques d’enseignement. Plutôt que de restreindre l’usage de ces outils, plusieurs pistes émergent. L’accompagnement des étudiants apparaît central afin de les inciter à vérifier et questionner les contenus produits.
La formation des enseignants constitue également un levier important. Une intégration transversale de l’IA dans les cours permettrait d’éviter un usage superficiel ou isolé. Un suivi renforcé des étudiants les plus fragiles pourrait limiter l’élargissement des écarts académiques. L’intelligence artificielle générative ne transforme pas seulement les méthodes de travail. Elle redessine aussi les équilibres pédagogiques et démontre avec précision les forces et les limites de chaque étudiant.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.

