Au Centre Léon Bérard de Lyon, un serious game transforme la formation des soignants en exercice pratique. Baptisé « Chariot des erreurs », ce dispositif mobile les invite à identifier des situations à risque pour améliorer la prise en charge de la douleur.
Repérer une erreur de soin avant qu’elle ne touche un patient, cela s’apprend aussi par la pratique. Avec son « Chariot des erreurs », Sullivan Gérard, infirmier expert douleur, propose une autre façon de former les équipes hospitalières. Les participants doivent observer, réfléchir et prendre des décisions ensemble. Le tout face à un chronomètre, pour retrouver une partie de la pression du terrain.
Un serious game directement dans les services
Plutôt que de réunir les professionnels dans une salle de formation, le Centre Léon Bérard fait venir l’exercice jusqu’à eux. Le dispositif reprend le principe de la chambre des erreurs, une méthode de simulation qui consiste à retrouver des anomalies dans une situation de soin.
La différence tient au format. Avec son chariot mobile, Sullivan Gérard peut proposer des sessions courtes directement dans les services hospitaliers. Les équipes participent ainsi à une activité de formation proche de leurs conditions habituelles de travail. Chaque session repose sur un scénario précis, construit autour de risques liés aux soins. L’objectif est d’apprendre à reconnaître les erreurs, mais aussi à choisir les gestes appropriés pour les corriger.
Quatre participants face au chronomètre
Le serious game accueille jusqu’à quatre soignants par session. Leur mission consiste à examiner la situation proposée, manipuler les éléments du dispositif et retrouver les erreurs dissimulées. Le chronomètre ajoute une difficulté supplémentaire. Les participants doivent se concerter rapidement, sans négliger leur analyse. Cette contrainte reproduit une partie de la pression à laquelle les équipes peuvent être confrontées au quotidien.
L’exercice accorde également une place importante au travail collectif. Pour Sullivan Gérard, les échanges entre infirmiers et aides-soignants permettent de mieux exploiter leurs compétences respectives. Selon lui, cette collaboration favorise la prévention des risques et contribue à sécuriser les soins. Les discussions entre participants font donc partie intégrante de l’apprentissage, au même titre que la recherche des erreurs.
Une journée consacrée à la douleur
Le Centre Léon Bérard poursuivra cette sensibilisation ce lundi 19 octobre 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la douleur. De 13 h à 16 h, plusieurs stands, ateliers et animations seront consacrés aux différentes façons de comprendre et de soulager la douleur. Cette journée permettra d’aborder le sujet sous plusieurs angles, au-delà des seuls exercices de simulation. À 17 h, le documentaire Amazone sera projeté au centre. Un ciné-débat réunira ensuite les réalisateurs et des professionnels du Centre Léon Bérard autour de la maladie, de la douleur et de la résilience.
Article basé sur un communiqué de presse reçu par la rédaction.

