Décrocher une bourse d’étudiant étranger en France n’a jamais exigé autant de méthode qu’en 2026. Les frais d’inscription différenciés touchent presque tous les nouveaux arrivants hors Union européenne, et l’APL a disparu pour les non-boursiers le 1er juillet.
Une bourse ne sert donc plus seulement à vivre, puisqu’elle rouvre aussi le droit aux aides au logement. Le bon dossier se prépare maintenant, alors que la campagne Eiffel 2027 tourne déjà.
En bref
- La bourse Eiffel verse 1 200 € par mois en master et 2 100 € en doctorat.
- Pour Eiffel 2027, seul un établissement français dépose le dossier, avant le 6 janvier 2027.
- La bourse Crous exige deux ans de résidence et de foyer fiscal en France.
- Sans bourse, un étudiant hors UE perd l’APL depuis juillet 2026.
Bourses du gouvernement français : Eiffel, BGF et Excellence-Major en tête de liste
Trois programmes de l’État forment le socle de toute bourse d’étudiant étranger en France. Le premier, la bourse France Excellence Eiffel, finance les meilleurs profils en master, diplôme d’ingénieur ou doctorat. Son allocation atteint 1 200 € par mois en master et 2 100 € par mois en doctorat depuis janvier 2026.
Le chèque mensuel n’est que la partie visible. Campus France paie aussi le voyage international, l’assurance santé complémentaire et une aide à la recherche de logement. Sachez toutefois que les frais de formation ne sont jamais couverts ; seuls les droits d’inscription d’un diplôme national, dans un établissement public, sont exonérés.
Les domaines éligibles dépassent largement l’ancien trio ingénierie, management et sciences politiques. Le programme couvre sept thématiques, de la biologie-santé au droit, en passant par la transition écologique, le numérique et l’économie-gestion.
Le deuxième programme, la Bourse du gouvernement français (BGF), se joue ailleurs. Elle est attribuée par l’ambassade de France de votre pays, puis gérée par Campus France une fois le lauréat arrivé. Chaque ambassade fixe ses priorités, ses niveaux d’études et son calendrier ; et le montant varie donc d’un pays à l’autre.
Contrairement à une idée tenace, la BGF n’est pas réservée aux pays en développement. Elle s’ouvre à toutes les nationalités, sauf la nationalité française, y compris pour les binationaux.
Ces deux bourses partagent une règle stricte. Elles ne se cumulent ni avec une autre bourse du gouvernement français, ni avec Erasmus+, ni avec une bourse de l’AUF.
Le troisième, France Excellence-Major, vise un public très précis. Il s’adresse aux meilleurs bacheliers étrangers des lycées français de l’étranger, ceux du réseau AEFE, qui veulent poursuivre en France après leur niveau bac. La bourse court sur cinq ans, de la licence jusqu’au master.
- Bourse France Excellence Eiffel : master, ingénieur et doctorat dans sept domaines prioritaires
- Bourse du gouvernement français (BGF) : attribuée par l’ambassade de France du pays d’origine
- France Excellence-Major : réservée aux bacheliers étrangers des lycées français de l’étranger
- Bourses d’établissement : exonérations et aides propres aux universités et aux écoles
- Bourse Erasmus+ : échange universitaire depuis un établissement européen partenaire
| Bourse | Montant | Éligibilité |
|---|---|---|
| Bourse Eiffel | 1 200 € par mois (master), 2 100 € par mois (doctorat) | Candidat présenté par un établissement français, dossier d’excellence |
| Bourse du gouvernement français (BGF) | Variable selon l’ambassade | Toutes nationalités sauf française, sélection par l’ambassade |
| France Excellence-Major | Variable, bourse accordée pour 5 ans | Bacheliers étrangers du réseau AEFE |
Pour ces programmes, le dossier se gagne sur la cohérence, pas sur l’empilement de pièces. Un projet d’études net, des lettres de recommandation précises et un niveau de langue certifié valent mieux qu’une liste d’activités. Et surtout, respectez les dates internes de votre établissement, toujours antérieures à celles de Campus France.
Bourse Eiffel 2027 : le calendrier qui ne pardonne aucun retard
La campagne qui décidera des bourses de la rentrée 2027 a démarré le 2 octobre 2026. Et l’erreur la plus fréquente consiste à croire qu’on candidate seul, depuis son pays, sur le site de Campus France.
C’est faux. Seul un établissement français peut présenter un candidat, ce qui découpe la course en quatre étapes :
- Octobre-novembre 2026 : contactez le service des relations internationales de l’établissement visé.
- Fin 2026 : déposez votre dossier avant la date interne fixée par cet établissement.
- 6 janvier 2027 : date limite d’envoi des dossiers à Campus France par les établissements.
- Semaine du 12 avril 2027 : publication des résultats.
Un dernier filtre trie les profils. À l’université Paris Cité, les étudiants déjà inscrits en France ne sont plus éligibles au volet master. Ailleurs, les candidats qui étudient à l’étranger passent en priorité. Un ancien boursier Eiffel de master ne peut pas non plus obtenir une seconde bourse pour un autre master.
Concluez donc une chose simple. Le vrai délai n’est pas le 6 janvier, mais la date interne de votre future école, parfois dès novembre.
Exonération des droits d’inscription : la bourse qui ne dit pas son nom
Pour beaucoup d’étudiants hors Union européenne, la première bourse d’étudiant étranger en France n’est pas un virement mensuel. C’est l’exonération des droits d’inscription différenciés, décidée par chaque université.
L’enjeu se chiffre vite. En 2026-2027, un étudiant extracommunautaire paie 2 902 € par an en licence et 3 950 € en master. Le tarif national, lui, plafonne à 178 € et 255 €. Une exonération ramène la facture à ce niveau.
Mais la marge des universités s’est resserrée. Un décret entré en vigueur le 21 mai 2026 plafonne les exonérations à 30 % des étudiants étrangers en 2026-2027, puis à 25 % en 2027-2028.
Les étudiants exonérés en 2025-2026 gardent leur avantage jusqu’à la fin de leur cycle. Les nouveaux venus, eux, doivent demander l’exonération dès l’admission, auprès du service des relations internationales.
Ces frais différenciés ne visent que les diplômes nationaux des universités publiques. Un Bachelor d’école privée applique ses propres tarifs, souvent bien plus élevés. Les doctorants, eux, échappent au casse-tête : le doctorat n’entre pas dans le régime différencié, avec des droits de 398 € en 2026-2027.
- Licence : 2 902 € par an pour un étudiant hors UE en 2026-2027
- Master : 3 950 € par an, contre 255 € au tarif national
- Doctorat : 398 €, sans frais différenciés
- Exonérations : plafonnées à 30 % des étudiants étrangers en 2026-2027, 25 % en 2027-2028
- Boursiers du gouvernement français : exonérés dans les établissements publics
| Situation | Droits 2026-2027 | Qui décide |
|---|---|---|
| Étudiant hors UE non exonéré | 2 902 € (licence), 3 950 € (master) | Arrêté ministériel |
| Étudiant hors UE exonéré | 178 € (licence), 255 € (master) | Conseil d’administration de l’université |
| Boursier Eiffel ou BGF | Droits exonérés dans un établissement public | Code de l’éducation |
Prenez un réflexe avant de confirmer une admission. Comparez la politique d’exonération de chaque université ciblée, car à diplôme égal l’écart frôle 3 700 € par an.
Grandes écoles : des bourses maison à négocier école par école
La Conférence des grandes écoles fédère des établissements, mais ne verse pas elle-même de bourse mensuelle aux étudiants étrangers. L’argent vient des écoles, de leurs fondations et de leurs entreprises partenaires.
Chaque grande école bâtit donc sa propre grille. Certaines réduisent les frais de scolarité sur critères d’excellence, d’autres sur critères sociaux ; d’autres encore présentent leurs meilleurs admis à la bourse Eiffel.
Toutes ne jouent pas le jeu chaque année. Sciences Po a annoncé qu’elle ne présentera aucun candidat à la campagne Eiffel 2027, ce qui ferme cette porte pour la rentrée 2027-2028.
Les écoles d’ingénieurs recrutent aussi à l’international, à l’image des écoles d’ingénieurs en robotique ou du récent campus international d’Epitech à Paris. Pour comparer les options avant de candidater, parcourez la rubrique écoles et établissements de Formation.net.
- Réduction des frais de scolarité sur critères d’excellence
- Aides sur critères sociaux versées par la fondation de l’école
- Présentation des meilleurs admis à la bourse Eiffel
- Contrat d’alternance en master, possible dès l’arrivée en France
- Prix et bourses d’entreprises partenaires
| Source | Montant | Éligibilité |
|---|---|---|
| Bourse ou réduction de l’école | Variable, fixé par l’école | Excellence académique ou critères sociaux |
| Fondation de l’école | Variable | Selon le règlement de la fondation |
Ici, le dossier se joue en deux manches : l’admission, puis la demande d’aide. Posez la question du financement dès l’entretien, budget prévisionnel en main.
Erasmus+ et Erasmus Mundus : deux bourses, deux publics
Erasmus+ finance un échange, pas un cursus complet. L’étudiant garde son inscription dans son université européenne d’origine et vient en France de 2 à 12 mois par cycle d’études.
C’est l’établissement d’origine qui verse la bourse et fixe son montant, selon le pays de départ. Comptez quelques centaines d’euros par mois. Pendant l’échange, l’étudiant ne paie aucun droit d’inscription en France.
Pour un étudiant venu d’un autre continent, la vraie pépite s’appelle Erasmus Mundus. Ces masters conjoints, menés par plusieurs universités européennes, versent 1 400 € par mois à leurs lauréats, toutes nationalités confondues.
Gare au cumul. Une bourse Erasmus+ ne se combine ni avec la bourse Eiffel ni avec une BGF, ce qui oblige à choisir dès la sélection.
- Échange de 2 à 12 mois par cycle d’études
- Bourse versée par l’établissement d’origine
- Aucun droit d’inscription à payer en France pendant l’échange
- Erasmus Mundus : 1 400 € par mois pour un master conjoint
- Non cumulable avec Eiffel ou une BGF
| Aspect | Détails |
|---|---|
| Frais de voyage | Pas de prise en charge totale, complément possible selon la distance et le mode de transport |
| Allocation mensuelle | Fixée par l’établissement d’origine selon le pays de départ |
| Durée du séjour | 2 à 12 mois par cycle d’études |
Côté calendrier, la sélection Erasmus+ se fait dans l’université d’origine, souvent près d’un an avant le départ. Les masters Erasmus Mundus suivent le calendrier de chaque consortium, plusieurs mois avant la rentrée.
Bourse Crous et APL : les deux ans de résidence qui changent tout
La bourse sur critères sociaux du Crous n’est pas réservée aux Français. Pour un étudiant hors Union européenne, deux conditions cumulatives filtrent pourtant sévèrement l’accès.
Il faut d’abord vivre en France depuis au moins deux ans. Il faut aussi un rattachement à un foyer fiscal français depuis la même durée, le sien ou celui d’un parent. Les réfugiés et bénéficiaires de la protection subsidiaire en sont dispensés.
Pour un primo-arrivant, la porte est donc fermée la première année. Les autres peuvent viser une bourse de 1 454 € à 6 335 € par an en 2026-2027, versée sur dix mois. La demande passe par le Dossier social étudiant, ouvert de début mars à fin mai.
Cette bourse compte plus qu’avant. Depuis le 1er juillet 2026, les étudiants extra-européens non boursiers n’ont plus droit à l’APL. Les boursiers du Crous ou du gouvernement français la conservent, tout comme les apprentis, certains salariés, les réfugiés et les apatrides.
Le dispositif Visale fonctionne toujours. Il se porte garant du loyer, gratuitement, pour les étudiants de 18 à 30 ans privés de garant en France.
- Bourse Crous : deux ans de résidence et de foyer fiscal en France
- Réfugiés et protection subsidiaire : éligibles dès la première année
- APL : réservée aux boursiers hors UE depuis le 1er juillet 2026, sauf exceptions
- Visale : garantie locative gratuite
- Repas à 1 € au restaurant universitaire pour tous les étudiants
| Aide | Description | Éligibilité |
|---|---|---|
| Bourse Crous | 1 454 € à 6 335 € par an (2026-2027) | Titre de séjour, 2 ans de résidence et de foyer fiscal en France |
| APL | Aide au logement versée par la CAF | Hors UE : boursiers, apprentis, certains salariés, réfugiés, apatrides |
Un bon plan profite en revanche à tous, sans condition de nationalité. Depuis le 4 mai 2026, le repas au restaurant universitaire coûte 1 € pour chaque étudiant muni d’un compte Izly. Côté logement, les étudiants internationaux candidatent aux résidences du campus universitaire dès la phase complémentaire de juillet.
Budget 2026-2027 : ce qui a changé pour un étudiant hors Union européenne
En douze mois, trois décisions ont redessiné la facture d’un étudiant étranger. Deux l’alourdissent, une seule la soulage.
| Poste | Avant | Depuis 2026 |
|---|---|---|
| Droits d’inscription (licence / master) | Exonérations massives dans de nombreuses universités | 2 902 € / 3 950 €, exonérations plafonnées à 30 % |
| APL | Ouverte aux étudiants étrangers avec titre de séjour | Réservée aux boursiers hors UE depuis le 1er juillet 2026, sauf exceptions |
| Repas Crous | 3,30 € pour un non-boursier | 1 € pour tous depuis le 4 mai 2026 |
Le message est limpide. Un étudiant non boursier paie plus cher son diplôme et son loyer ; et seul le restaurant universitaire allège la note.
Visez donc une bourse d’étudiant étranger en France dès la première année, même modeste. Le statut de boursier du gouvernement français rouvre l’APL et exonère des droits dans le public. Sur une année de master, cet effet de levier vaut parfois davantage que l’allocation elle-même.
Fondations, AUF et pays d’origine : les financements qu’on oublie de chercher
La Fondation de France ne gère pas de programme général de bourses pour étudiants étrangers. Elle abrite en revanche des fondations privées, dont certaines financent des études selon leurs propres critères.
Le gisement le plus sous-estimé de bourses pour étudiants étrangers en France se trouve souvent chez soi. Plusieurs gouvernements financent leurs étudiants en France, parfois en cofinancement avec l’ambassade de France. Renseignez-vous auprès du ministère de l’Enseignement supérieur de votre pays avant même d’ouvrir votre dossier Campus France.
L’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) attribue aussi des bourses de mobilité entre ses établissements membres. Sachez qu’elles ne se cumulent pas avec une bourse Eiffel.
- Fondations abritées : critères et montants propres à chaque fondation
- Gouvernement du pays d’origine : bourses nationales ou cofinancées avec l’ambassade de France
- AUF : bourses de mobilité entre établissements membres
- Entreprises : bourses et prix liés à un secteur
- Collectivités du pays d’origine : aides locales à la mobilité
| Source | Domaines couverts | Éligibilité |
|---|---|---|
| Fondations abritées par la Fondation de France | Variables selon la fondation | Règlement propre à chaque fondation |
| Bourses du pays d’origine | Selon les priorités nationales | Ressortissants du pays concerné |
| AUF | Mobilité entre établissements membres | Étudiants d’un établissement membre |
Mises bout à bout, ces sources dépassent rarement le montant d’une Eiffel. Elles comblent pourtant les trous que personne d’autre ne bouche : le billet, la caution, le premier mois.
Doctorat : le niveau où la France paie le mieux ses étudiants étrangers
Le paradoxe mérite d’être dit. Plus on monte dans les études, plus le financement devient accessible aux étudiants étrangers.
La bourse Eiffel doctorat verse 2 100 € par mois, pour 12, 18 ou 36 mois. La version de 36 mois finance une thèse complète, mais seulement pour un primo-arrivant inscrit en première année et sans cotutelle.
Hors Eiffel, la plupart des écoles doctorales exigent un financement de thèse avant l’inscription. Deux voies dominent. Le contrat doctoral, un vrai salaire sur trois ans, et la CIFRE, une thèse menée en entreprise avec un laboratoire.
- Bourse Eiffel doctorat : 2 100 € par mois
- Durée : 12, 18 ou 36 mois selon le profil
- Contrat doctoral : thèse salariée de trois ans
- CIFRE : thèse en entreprise en lien avec un laboratoire
- Droits d’inscription en doctorat : 398 € en 2026-2027
| Financement | Montant | Éligibilité |
|---|---|---|
| Bourse Eiffel doctorat | 2 100 € par mois | Candidat présenté par un établissement français |
| Contrat doctoral ou CIFRE | Salaire fixé par le contrat | Sélection par l’école doctorale ou l’entreprise |
Un conseil de terrain pour finir. Contactez votre futur directeur de thèse avant toute autre démarche, car c’est lui qui défend la demande de financement devant l’école doctorale.
Sans son appui, aucun dossier ne décolle. Avec lui, une bourse d’étudiant étranger en France devient un vrai contrat de recherche, et non plus un simple coup de pouce.
Bourse étudiant étranger en France : les réponses rapides
Quelle est la meilleure bourse pour un étudiant étranger en France ?
La bourse France Excellence Eiffel est la plus complète. Elle verse 1 200 € par mois en master et 2 100 € en doctorat, et paie le voyage, l’assurance et l’aide au logement. Elle ne couvre pas les frais de formation.
Un étudiant étranger peut-il obtenir la bourse du Crous ?
Oui, sous conditions. Il lui faut un titre de séjour, deux ans de résidence en France et un rattachement à un foyer fiscal français depuis deux ans. Les réfugiés en sont dispensés.
Combien coûtent les études en France pour un étudiant hors UE en 2026-2027 ?
Sans exonération, 2 902 € par an en licence et 3 950 € en master dans une université publique. Le doctorat coûte 398 €. Une exonération ramène les droits à 178 € et 255 €.
Les étudiants étrangers ont-ils encore droit à l’APL ?
Seulement dans certains cas. Depuis le 1er juillet 2026, les étudiants hors UE non boursiers en sont exclus. Les boursiers, les apprentis, certains salariés, les réfugiés et les apatrides la conservent.







Comment postuler à la bourse Eiffel 2027 ?
Jamais seul. Un établissement français présente votre candidature à Campus France, au plus tard le 6 janvier 2027. Les résultats tombent la semaine du 12 avril 2027.